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Fièvre catarrhale ovine : la pause hivernale, le meilleur moment pour vacciner

S’agissant de la fièvre catarrhale ovine, l’année 2025 a encore illustré l’ampleur des dégâts provoqués par la maladie en élevage bovin. La circulation des sérotypes 3 et 8 est en effet lourde de conséquences : décrochages en lait, troubles de la reproduction, pics de fièvre nécessitant des soins et parfois des séquelles pouvant conduire à des réformes précoces. Pour Yannick Simon, Docteur vétérinaire, une solution : « Vacciner dès que possible, au plus tard d’ici avril ».

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En 2025, la fièvre catarrhale ovine (FCO) a de nouveau montré qu’elle pouvait impacter les performances des troupeaux, laitiers comme allaitants. Avec la circulation des sérotypes 3 et 8 en Europe et en France, l’épidémie s’est traduite par une augmentation de l’infertilité, des pics de fièvre et des séquelles conduisant à des réformes. Une baisse de lait allant de 1 à 5 kg/jour/vache infectée est rapportée et des avortements signalés dans une large part des foyers en élevage bovin (+70 %).

La pause hivernale ne signe pas la fin de l’épidémie

« Entre les hivers 2024 et 2025, l’épidémie a marqué une pause, indique le Docteur Yannick Simon, vétérinaire à la clinique de l’Arguenon dans les Côtes-d’Armor (22). Ensuite, on a vu la vague arriver. Un sérotype progressait depuis le Sud-Ouest, l’autre arrivait par le Nord : on savait que ça allait nous tomber dessus… et ça n’a pas raté. Dès le début de l’été, la maladie a flambé. »

Rappelons-le, la FCO est une maladie vectorielle transmise par les culicoïdes. Ces moucherons peuvent parcourir des kilomètres, notamment portés par les vents ; la dissémination peut aussi être favorisée par les transports d’animaux ou des insectes piégés dans un véhicule. L’incidence est généralement révélée entre juillet et décembre, avec un pic entre septembre et novembre. L’incubation est de quelques jours.

« Actuellement, la vaccination est le seul moyen de se protéger contre le virus, insiste le docteur Simon. Les moustiquaires sont inutiles : on a déjà du mal à empêcher les étourneaux de rentrer dans les bâtiments, alors les culicoïdes. » La vaccination constitue donc la seule mesure efficace pour prévenir ou réduire les signes cliniques. En fonction du vaccin utilisé, elle diminue, voire empêche, la virémie dans le sang et donc la transmission au vecteur.

Quand vacciner ? Dès maintenant, au plus tard en avril

Pour le Dr Simon, « la vaccination doit absolument être effectuée avant le pic d’activité du vecteur, y compris lorsqu’il s’agit d’un simple rappel ». En pratique, la protection repose sur une primo-vaccination avec généralement 2 injections à 3 semaines d’intervalle pour la plupart des vaccins disponibles, suivie d’un rappel annuel. Plus ce rappel est fait tôt, plus les animaux seront protégés lors du pic d’activité vectorielle. « Les éleveurs ayant vacciné pendant l’été devraient normalement le refaire un an après la dernière dose, précise le vétérinaire. Mais, si on attend jusque-là, l’immunité va être un peu plus faible pile au moment où il y aura le plus de vecteurs porteurs de FCO. Mon conseil, c’est d’anticiper : idéalement, le rappel est à faire fin mars, au plus tard en avril. »

Pour mesurer l’enjeu, l’expérience d’une exploitation touchée est parlante. « Mon élevage, 110 vaches à la traite, a été touché par la FCO, témoigne Cyril Jarnet, éleveur laitier à Saint-Glen, 22. J’avais participé à une réunion d’information qui avait levé une partie de mes doutes, mais je craignais encore les effets secondaires. J’ai fait l’impasse. Finalement, on l’a prise de plein fouet : pertes en lait, hyperthermie, avortements, problèmes de pieds, vaches décyclées… On n’avait jamais été impactés comme ça par une maladie. »

Vacciner l’hiver quand les éleveurs sont davantage disponibles

« Bon, il y a eu aussi le coup de chaleur d’août, nuance l’éleveur. On ne peut pas tout imputer à la FCO, mais, grosso-modo, avant juillet on était à 47 kg, et on est descendu à 42 après l’épisode, parfois moins. À moyen terme, on va devoir réformer des vaches qu’on pensait garder… à partir de maintenant, en mars, on vaccinera tous nos animaux contre les deux sérotypes pour éviter de revivre ça. »

L’éleveur va aussi améliorer la contention pour faciliter l’opération, car, vacciner l’hiver est plus confortable : animaux en bâtiment donc disponibles et contention plus simple, pas de chantiers de cultures… « Cette période est plus calme », confirme Yannick Simon. Avec les bêtes au cornadis et une bonne organisation, le chantier est rapide : « Pour cent vaches, cela prend une heure, une heure et demie, à deux personnes. »

Si la vaccination a un coût, les pertes liées à un épisode clinique peuvent être nettement supérieures. Tout cumulé, un seul animal malade coûte généralement plus en pertes directes et indirectes que la vaccination du troupeau ! Répétons-le : l’approche la plus sécurisante consiste à anticiper en profitant de la période hivernale pour caler la primo-vaccination des jeunes et programmer les rappels annuels.

 

 

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